Avez-vous remarqué à quel point il est devenu difficile de simplement… attendre ?
Que ce soit dans la file d’attente chez Food Basics, en attendant que le bus passe sur la rue Pitt, ou même quand on attend que l’eau des pâtes bouille, le réflexe est devenu automatique : on sort le téléphone. On « scrolle ». On consomme des vies étrangères en séquences de 15 secondes. On remplit chaque vide, chaque seconde de silence, comme si on avait peur de ce qui se passe quand on ne fait rien.
Moi la première, je me suis fait piéger. On finit par croire que si on n’est pas « occupée » à regarder un écran, on perd notre temps.
Pourtant, l’autre jour, j’ai fait l’expérience de laisser le téléphone dans l’autre pièce. Au début, c’est inconfortable. On se sent presque nerveuse, un peu « alien » dans son propre salon. Et puis, lentement, on commence à remarquer les détails. Le bruit du vent contre la fenêtre, la couleur du ciel qui change, ou cette idée de phrase qui traînait dans un coin de notre tête et qui attendait juste un peu de place pour sortir.
On nous vend l’idée que le vide est inutile. En fait, c’est dans ce vide que naissent nos meilleures idées, nos projets les plus fous et nos vraies conversations avec nous-mêmes. C’est là que l’on construit son « armure » contre le chaos du monde.
Et vous, c’est quand la dernière fois que vous avez osé ne rien faire, sans écran, pendant juste cinq minutes ?

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